Maison des arts Georges Pompidou
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Ils ont des itinéraires différents et pour certains déjà, des parcours artistiques repérés sur la scène belge.
IIs se connaissent et s’apprécient pour avoir passé une ou plusieurs années ensemble au sein de l’Ecole de Recherche Graphique de Bruxelles, mais n’ont pas d’existence en tant que collectif d’artistes.
Ils ont majoritairement entre 23 et 28 ans, vivent à Bruxelles ou à Liège, pratiquent la peinture, la sculpture, la performance, la vidéo et l’installation.
Tous cherchent ici ensemble à révéler la qualité plastique du lieu en y installant leurs différentes propositions dans un souci constant de respect du travail individuel et de valorisation de la dynamique collective.

 

 

ANNE BOSSUROY

Son travail joue de toutes les subtilités du rapport au temps et à l’espace, par petites touches sensibles et correspondances lumineuses. Avec une sorte d’attention flottante au monde, Anne Bossuroy construit une pensée aigue du rapport entre les objets et les sens, le dedans et le dehors. Elle articule des propositions picturales en rapport avec la persistance du visible et explore différents principes de perception tels que la coprésence, la présence par l’absence,l’immatérialité et la matérialité.
Peintures, dessins, objets sont présentés dans un espace créé spécifiquement à l’intérieur du centre d’art : une sorte d’emboitement à pénétrer, d’isoloir où toutes les sensations sont sollicitées.

L’ensemble des oeuvres présentées s’inscrit dans le prolongement d’une réflexion sur l’expérience plastique vécue à et depuis la résidence de Cransac.

JEAN-DANIEL BOURGEOIS

Il s’est glissé dans la peau d’un personnage dont il construit l’univers et l’identité si particulière au fil de ces dernières années. Le monde de “Jacky” est fait d’un mixte de culture populaire, de références au cinéma, et d’un tas de choses qui pourrait être sorti d’un album photos.

À Cajarc, il va se doter de l’amorce d’un circuit pour véhicule improbable. Combinaison d’une copie miniature d’un vieux tube Citroën et d’un engin de foire, la cabine sur rails d’inox laisse à chacun la liberté de prendre place à bord. L’aspect high-tech est dénoncé par l’ingénieux bricolage de l’ensemble de la pièce et de son esthétique empruntée au tuning low cost.
Jacky devient pour l’artiste, leprétexte à de nouvelles propositions esthétiques.

 

ISABELLE COPET

 

Dans sa série de « sculptures flottantes » (2006-2007), des éléments de l’architecture classique sont mis à mal : extraits de leur contexte, ils glissent et errent sur des plans d’eau, habitent des paysages déconnectés, jouent avec le temps et l’aléa des rencontres… Isabelle Copet crée ainsi les conditions d’un déconditionnement : l’architecture entre en mouvement et dans l’association d’histoires imprévues, s’agence le début d’un récit.

Afin de parfaire cette déconnexion, elle invente des dispositifs de diffusion pour ses films : à Cajarc, le visiteur couché sur des coussins, visionne l’image, au plafond d’un espace conçu pour l’occasion.

 

JONATHAN DE WINTER

Il crée des espaces le plus souvent à partir de matériels de récupération, tout au moins selon le principe d’une économie de moyens mais jamais d’énergie. Ces espaces se combinent et s’agglomèrent pour créer une architecture proliférante qui invite à la rencontre : des musiciens s’en saisissent, le public se doit de la pratiquer pour lui donner du sens.

Pour Jonathan De Winter il s’agit d’INCORPORATION, concept qui donne son titre à plusieurs expositions antérieures de l’artiste. L ’objet investi change de statut : de sculpture, il devient espace en chantier où se croisent les propositions, où circule une dynamique inventive toujours à même de transformer l’esprit du lieu.

JENNY DONNAY

À Cransac en 2007, elle avait réalisé des drapeaux à la mémoire des « joueurs disparus », à l’instar du marbre gravé, fixé à l’entrée de l’ancien stade. Elle avait demandé à la population de mettre à sa disposition des étoffes, les avait cousus en de subtils assemblages colorés pour créer ces bannières qui ont flotté au vent le temps d’un été…

 

Aujourd’hui, elle reste attachée à la forme de la bannière pour des images captées dans le mouvement à l’occasion des déplacements entre Cransac et Cajarc.

 

 

LUCIE DUCENNE

 

Le travail de cette jeune artiste de 24 ans invite à l’expérience du corps dans un environnement contraint. Dans ses installations et ses performances, elle met à l’épreuve la perception, sollicite le visiteur, le conviant à pénétrer dans de grandes constructions en matière plastique. Ces sculptures, souvent sonorisées, se gonflent et se vident, provoquant une sorte de choc sensoriel entre pression et dépression.

 

 

FRANçOIS FRANCESCHINI

François Franceschini joue des changements d’échelle. La maquette fait figure d’objet précieux - quand bien même elle est bricolée - mais, transposée dans la réalité, elle devient une installation colossale.

La couleur monochrome s’y écoule comme par contamination. La peinture devient alors matière et volume au même titre que les plans inclinés, les cubes superposés…

JONAS LOCHT

Jeune résident au Wiels, musée d’art contemporain à Bruxelles, Jonas Locht crée des objets inclassables.
Entre sculpture et architecture, ses volumes invitent à des fictions où l’organique côtoie l’industriel, où les matériaux de la technologie viennent au secours d’un art qui s’immisce dans tous les environnements, assimile tous les supports.

 

À Cajarc, il greffe une structure en polystyrène expansé à l’espace crée pour la présentation des peintures d’Anne Bossuroy, et propose une installation sonore en lien avec Jonathan De Winter…

XAVIER MARY

Il revisite l’art minimaliste, en propose une lecture nouvelle à base de matériaux industriels auxquels il adjoint des créations musicales et lumineuses appelant d’autres références historiques, d’autres désirs de brassages.

À la question : Quelle position esthétique adopter face au réel ? Il répond par une combinatoire d’éléments préfabriqués et standardisés. La sculpture - il s’agit essentiellement de volumes - répète des formes et des figures, comme une agglomération d’éléments fractals, pour créer un environnement déphasé, tangent qui met l’environnement en vibration.

Ici, le module initial est inspiré par l’architecture ‘régionale’.

GÉRARD MEURANT

Les questions de périmètre - la limite entre son champ d’action et l’espace qui l’entoure - sont les sujets privilégiés de l’artiste qui revendique une relecture du minimalisme afin de faire surgir de nouvelles modalités du regard et des changements de relation entre le visible et le dicible.


L’objet n’est plus seulement à contempler mais à pratiquer : l’utilisation du son, de la performance, de la lumière ou tout autre moyen d’activer une proposition, participe d’une stratégie intentionnelle.

Les installations de Gérard Meurant ont la capacité de pouvoir devenir autre chose, quel que soit leur hétérogénéité : tenter d’organiser l’espace, d’y créer de nouvelles forces, des ruptures, s’y loger.

NICOLAS VERPLAETSE

Il inscrit des « formes-outils » sur la surface de la toile. Ces formes ne nous disent rien, ne nous racontent aucune histoire, ne nous enferment dans aucune identification certaine. Elles sont juste là, tellement présentes par leur réalité matérielle mais tellement inexistantes par leur inexplicable sens.
Chaque tableau associe un certain nombre de formes ou spatialise la même forme sur une succession de surfaces grâce à un tressage de tulle. Ainsi, la lumière et le mouvement du spectateur font apparaître une profondeur insoupçonnée au tableau.