En analogie à la rivière qui irrigue la vallée, cette troisième édition du parcours d’art contemporain en vallée du Lot, associe la dynamique des six artistes invités, à la rencontre avec un territoire. Le seul flux qui relève d’une liberté assurée est celui de la pensée. Les artistes en font leur matière première.

Ici, l’art s’échappe des lieux convenus et dialogue avec d’autres histoires. De Cajarc à Saint-Cirq-Lapopie, en passant par Saint-Martin-Labouval, Calvignac, Larnagol, cet itinéraire permet à travers le regard des artistes, de découvrir autrement les sites naturels et la vie des villages qui bordent la rivière. À contre courant d’un art prêt à consommer, les artistes de FLUX-S s’invitent à des combinaisons aventurières entre une œuvre et un site, pour créer des résonances, de l’écho, du désir et du sens.

 

du 2 juiillet au 24 septembre A Cajarc

MYRIAM MECHITA

 

 

 

« Pas de hiérarchie, pas de distinction. Fra Angelico, la sculpture antique grecque ou le cubisme s’entrechoquent sans complexe. Et dans cette rencontre, je décèle toujours un questionnement sur le temps et son insaisissable fuite. (…)

L’embellissement, la beauté n’est pas le propos même du travail. Travaillées en surface, les paillettes constituent une nouvelle peau, écaillée et rugueuse ».

Cette manière de rendre visible chaque particule et, avec elle, chaque geste nécessaire à son articulation avec la suivante, accentue l’évidence des formes proposées et leur force brutale.

(…) La violence me semble indissociable de toutes productions. Amener au jour une œuvre est un acte de violence extrême. Et l’érotique de l’art vit de cette violence à nos espoirs. Alors représenter un corps mutilé, un crâne me semble être une violence édulcorée au regard de la réalité abominable de notre fin.»

 

DANIEL RUGGIERO

 

 

 

 

Activiste de la culture urbaine, Daniel Ruggiero aime tout particulièrement jouer avec les objets. De sa formation initiale en aménagement du territoire, il a nourri un vrai désir d’investir l’espace public. Il contourne, transforme, détourne des objets fonctionnels en des sculptures souvent imposantes, drôles et intrigantes. Ici, il réalise un lustre, détonateur pour pyromane, qui envahit toute une salle du centre d’art.

Tout cela évoque ces territoires hybrides entre le réel et la fiction, entre le ludique, le divertissement et le politique.

Daniel Ruggiero est né en 1975 à Lausanne (Suisse) où il vit et travaille.

Son site : www.urbangame.ch

 

DU 2 JUILLET au 3 septembre a l'orangerie du chateau de larnagol

THOMAS LANFRANCHI

 

 

Pour lui, l’espace, et le plus souvent le ciel, reste la réalité la plus importante, celle qui isole les formes les révèle, et les fait exister en tant que volumes : Thomas Lanfranchi fait voler ses sculptures. Cette dimension poétique s’articule à l’usage presque exclusif de nouvelles matières synthétiques ; pour la plupart peu appropriés à ce type d’épreuve, elles donnent aux volumes fugacité et surprise.

Le Lot n’étant pas un pays à vent, a fortiori l’été – Thomas Lanfranchi a exploré les possibilités de faire léviter un volume grâce à la chaleur du sol. Il livre ses expériences sous forme de dessins, de vidéos, de photographies et de sculptures volantes.

Thomas Lanfranchi est né en 1964 à Marseille. Il vit à Paris et au Pays basque. Il a réalisé des projets en Europe, en Amérique du Nord, en Chine et en Australie.

 

DU 2 JUILLET AU 3 SEPTEMBRE A CALVIGNAC

CONSTANCE OUVRIEU

 

 

 

 

 

Constance Ouvrieu récolte des matières synthétiques, végétales et animales et les organise en une sorte de cabinet de curiosités, où se mêlent des histoires ressurgies de l’enfance, des animaux improbables… Son travail se construit autour de différentes dichotomies : présence/absence, plein/vide, souvenir/oubli, pour donner à voir au final des dessins, des installations et des sculptures suspendues. Ce subtil assemblage crée des espaces où les formes hybrides ou très épurées se côtoient au-delà de l’analogie au réel.

 

Constance Ouvrieu est née en 1975, elle vit et travaille à Paris (Les Lilas).

GREGG SMITH

 

 

 

 

 

 

Gregg Smith utilise différentes disciplines, l’écriture, la performance, la peinture, la photographie, la vidéo, et souvent il les superposent dans le développement d’un projet de film.

À Calvignac, inspiré par l’esrit du lieu, l’artiste présente des photographies des falaises calcaires qui pourraient constituer le décor majestueux de son prochain scénario. Ses peintures s’inspirent des matières rencontrées, des lumières perçues dans l’environnement naturel. L’installation de cet ensemble propose un univers sensible : le spectateur pénètre comme dans le décor d’une narration intime, qu’il lui reste à inventer.

 

Gregg SMITH est né au Cap, Afrique du Sud, en 1970. Il vit à Paris depuis 2004.

 

DU 2 JUILLET au 3 septembre a SAINT-MARTIN-LABOUVAL ancienne EPicerie

MYRIAM MECHITA - FRANCK DAVID

 

 

 

 

 

 

RENOUVELER SON ABONNEMENT À L'INTERLUDE

 

Les deux artistes se sont saisis de l’atmosphère de ce lieu désuet, abandonné depuis quelques années.

Ils occupent la totalité de l’espace et lui fabrique une nouvelle mémoire entre inquiétude et glucose.

Images, sons, lumières, objets, installations colonisent les salles. Tout baigne dans une lumière rose et pourtant rien n’est réellement rassurant : le sol soulevé comme un décor de cinéma révèle la cave restée inaccessible, la vitrine réfrigérée vibre aux sons électriques produits par des néons « fatigués » ; un corbeau annonciateur, recouvert partiellement de perles accueille les visiteurs ; deux chevreuils embobinés de fils fluo hantent l’étage…

Autant de distorsions et de décalages qui mêlent les supports pour mieux inviter le public à un décalage poétique en hommage à ce lieu « habité », transformé par la patte des deux artistes dont c’est la première œuvre en commun.

 

Myriam Mechita est née en 1974 à Strasbourg. Elle vit et travaille à Kertzfeld et Paris.

Elle est représentée par la galerie Eric Dupont, Paris et Alimentation Générale, Luxembourg.

Franck David est né en 1964, il est représenté par la galerie Chez Valentin, Paris

 
DU 2 JUILLET au 3 septembre a SAINT-CIRQ-LAPOPIE - MAISONS DAURA
jean-daniel berclaz

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Daniel Berclaz convoque l’amateurisme, partage son autorité d’artiste et interroge ainsi la valeur de l’œuvre.

À Saint-Cirq-Lapopie, où « tout est si beau que la carte postale devrait être servit comme un gâteau qui accompagne le thé sur une terrasse au soleil d’été », l’artiste a demandé aux habitants d’être ses partenaires.

Le pâtissier l’accompagne pour un journal quotidien pendant trois mois (photographie).

D’autres habitants lui ont présenté un objet fétiche qu’il saisit dans son contexte, puis installe comme au musée (photographie). L’exposition est accompagnée de l’interview des protagonistes (vidéo).

Jean-Daniel Berclaz crée le paradoxe autour du concept de Musée du point de vue : un musée sans murs dont il réinvente à chaque occasion le sens et la pertinence comme ce samedi 1er juillet pour le vernissage à Saint-Cirq-Lapopie (performance et vidéo).

 

Jean-Daniel Berclaz est né à Neuchâtel (Suisse), il vit dans le sud de la France et travaille dans toute l’Europe.

 
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