Région Midi Pyrénées
 

Biographie

Patricia Ferrara

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patricia Ferrara,

danseuse et chorégraphe

 

 

Repères biographiques

   

Depuis 1985, parcours « sauvage » dans le monde du mouvement avec quelques-unes des grandes figures

 

tutélaires cosmopolites : Susan Buirge, Min Tanaka, Elsa Wolliaston , Karin Waehner, Lisa Nelson…

 

Elle monte sa propre compagnie en 1991, le Groupe Unber Humber et privilégie les petites formes, solo, duo,

 

trio.

2004  

Ça ressemble à un dimanche / Entresort chorégraphique – duo (04)

Dialogue – duo - performance pour deux danseurs et une pelote en paille de papier blanc

2003  

Les Ateliers du spectateur - espaces d’expérimentation sur le regard

2002  

Parcours d’écriture instantanée (02) place l’improvisateur dans le tissu urbain, dans des lieux non dévolus à la danse

En août 2002, voyage d’un mois au Japon (Hakushu – body weather farm) avec Min Tanaka

2001  

Flu.x - trio

2000  

La Friture moderne contre le Groupe Unber Humber (00) est une collaboration avec une fanfare de musique improvisée autour d’un spectacle pour la rue

1999  

À l’abord d’âge - pièce interprétée par une vingtaine d’amateurs de cinq à soixante ans

1998  

Trois drames brefs - soli de salon - solo

1997  

Nunc - solo

1996  

Le cri de l’escargot - solo

1995  

Un sourire du temps qui passe - quintet pour les danseurs permanents du CCN de Tours - Daniel Larrieu

1994  

Le palais à quatre heures du matin - trio

1993  

L’herbe des songes - duo

1991/1992  

Bille en tête - duo 

Ce qu’ils en disent…
   

Un sourire du temps qui passe : « …découvrant ainsi la fluidité corporelle, la pureté du geste unique, en même temps qu’une certaine attention à l’architecture chorégraphique, aux trouvailles scéniques, à la prégnance d’un matériau chorégraphique solide… elle cultive un goût calligraphique subtil tissant apparition-disparition, gestes infimes, temps suspendu ou figures brisées… » Laurent Barré - CCN de Tours -1995

 

À l’abord d’âge : « …une pièce d’une grande fluidité, ponctuée de quelques images fixes et fortes, une pièce où sur un mouvement d’ensemble léger et balancé, sont épinglés des instantanés graves et émouvants… À l’abord d’âge est donc à l’image de la vie et du temps qui passe : un souffle qui fait s’envoler l’âme comme un mouchoir de papier rouge, un souffle qui éteint la flamme tremblante de la bougie » Dominique Crébassol Ramdam -1999

 

« Lorsqu’on croise pour la première fois Patricia Ferrara, on ne peut rester insensible à une certaine réserve et modestie naturelle, contrebalancée cependant par une évidente énergie retenue et un humour à peine dissimulé.

On sent que ce « p’tit bout de femme » a su préserver son côté « sauvagement honnête », poursuivre ses projets chorégraphiques hors des tendances du moment et des démarches formatées. » Philippes Saunier-Borrell - Pronomade(s) en Haute-Garonne - 2000

 

La Friture moderne contre le Groupe Unber Humber : « musiciens et danseurs se réunissent pour un spectacle de rue tonique, comique et tendre. C’est funky, jazzy, drôle, ressourcé aux musiques et danses populaires et aux arts du cirque… » Christian Bonreposjournal Tout Toulouse -2000

 

Patricia Ferrara : « …reste fidèle à cette forme de pureté où l’artiste est redevable de sa vision du monde, de ses émotions qu’il doit transmettre par le langage de son art. Aux frontières du pudique et de l’impudique. » Christian Bonrepos - 2001

 

Trois drames brefs - soli de salon : « …drôles de drames intimes à peine énoncés, dont la bizarrerie et la poésie évoquent le surréalisme versant tendre. » Dominique Crébassol2001

   

Avant d’entamer la description des directions de travail que je privilégie, je souhaite faire un rapide survol de ma démarche de chorégraphe afin de vous permettre de resituer ces projets à l’intérieur d’un processus de création.

La première étape de mon parcours a duré une dizaine d’années environ. Je cherchais alors la verticalité, dans une sorte de mouvement ascensionnel. Depuis quatre ans, il y a eu une césure dans mon travail. J’ai abandonné cet axe vertical pour l’axe horizontal et ai commencé à fouiller au travers de l’expérience sensible dans un flux qui va de l'extérieur vers l'intérieur. Il s’est alors opéré un glissement progressif vers une exploration essentiellement basée sur les perceptions et cela à la fois du point de vue du danseur dans sa matière de danse mais également du point de vue du spectateur.

 

En 2002 /2003, les Ateliers du spectateur ont donc inauguré une nouvelle étape dans mon travail. J’ai abandonné le rapport frontal au profit d’un espace de représentation avec un champ de perception élargie. Ce sont des dispositifs à géométrie variable qui invitent le public à un « vagabondage du regard », des espaces d’expérimentations, de partages de moments singuliers entre artistes et spectateurs.

En m’interrogeant sur certaines composantes de la perception de l’image en mouvement (cadre, lumière, bords et contours, perspective et profondeur, environnement), j’ai décliné un ensemble de propositions non didactiques (installation, performance, marche, improvisation).

Ces Ateliers m’ont conduit à porter un regard nouveau sur la danse en sollicitant des régions du processus créatif non essentiellement lié à l’imaginaire, ou à un mode interpersonnel. J’ai ainsi pu reconnaître la capacité des phénomènes naturels à créer de l’émotion et développe depuis un territoire de l’infra mince capable d’infléchir la matière chorégraphique et le regard du spectateur.

 

Parallèlement aux Ateliers du spectateur, j’ai poursuivi un travail d’écriture chorégraphique par une restitution distanciée de l’ensemble des réflexions nées des Ateliers. Ainsi pour chaque thème des Ateliers j’ai ébauché un Entresort chorégraphique (nom donné aux anciennes baraques foraines, ce terme est librement revisité).

Ce sont des petites formes, des espaces d’intimité partagée où l’accueil, le guidage et la circulation du public participent d’une mise en regard du spectateur. J’ai ici ré-instauré le rapport frontal. Cependant le public est englobé dans la scène. Il s’agit d’installations conçues pour un lieu clos (plateau de théâtre pendrillonné, arrière scène, couloirs, salles d’exposition…). Ils accueillent de 10 à 25 spectateurs, durent en moyenne entre 12 et 20 minutes et sont joués en boucle.

Il existe actuellement trois Entresorts : « Demain peut - être », « Ça ressemble à un dimanche » et un Entresort photographique.

L’installation plastique, le rapport aux objets, l’environnement sonore et les gestes déposés dans les espaces ainsi définis sont travaillés dans un souci d’éviter toute hiérarchie entre les différentes composantes du spectacle.

 

Dans la continuité des Ateliers et des Entresorts je poursuis mon travail dans le désir de fouiller ce qui est de l’ordre de l’expérience sensible, de traverser l’horizontalité, de suivre des chemins réels ou imaginés, de bricoler des trajectoires comme dans « Dialogue », performance pour deux danseurs et une pelote de paille de papier blanc.

 

J’oriente par ailleurs mes recherches sur les relations du corps à son environnement. Elles trouvent leur lieu d’expression dans la mise en place de stages en milieu naturel. Il s’agit ici encore de réfléchir sur le regard, en considérant le corps (agglomérat de cellules à têtes chercheuses) dans sa capacité d’enregistrer des sensations toujours plus nuancées. Entre imaginaire, mémoire et perceptions, je devine les contours d’une cartographie intime.

 

J’aime les états de fragilité, je cherche une formulation, un langage qui inclurait le bégaiement et imagine une possible réconciliation de l’homme avec son environnement.

 

Je pense au Body Weather qui m’a ouvert aux jours de mes premiers balbutiements dansés l’horizon d’une pratique du corps sans rivalité et à Lisa Nelson qui bien plus tard m’a fait cheminer dans l’épaisseur du monde.

 

Patricia Ferarra

Octobre 2004