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Maintenant c’est une autre histoire. Les nymphes habitent et aiment les sources. Ce sont généralement des déesses de second rang ce qui n’enlève rien à leur charme. Le fait qu’elles ne soient pas éternelles les dotent d’une convivialité vis-à-vis des humains, en un mot elles sont moins redoutables à fréquenter qu’une grande figure comme Artémis dont elles sont peut-être les suivantes. Pourtant n’allez pas croire que vous pouvez vous permettre n’importe quoi. Ce sont elles, enfin une ou deux, que je vais tenter de vous montrer dans cette riante vallée du Lot. Vous pourrez toujours aller voir les endroits où je les ai rencontrées, sans que je puisse vous garantir qu’elles acceptent de se montrer à vous, elles sont souvent timides, alors ne faites pas trop de bruit, ne les réveillez pas, rappelez-vous que déjà Lukas Granach, dans sa belle suite des Nymphes à la Fontaine, vous mettait en garde, sur chaque tableau figure l’avertissement, Fontis nympha sacri somnum ne rumpe quiesco. Si par hasard vous visitez Trou-Madame ou le charmant lavoir situé sur le côté droit de la route avant Gaillac, juste après avoir passé le pont, soyez discrets la belle endormie peut-être fort dénudée. Le château est une entité solidement installée dans l’imaginaire occidental, quant à moi je ne le vois jamais en demi-teinte, il est sombre, comme celui d’Otrante dans le conte d’Horace Walpole, ou possédant encore la tour d’où Mélusine s’envola dans un cri qui glace encore les habitants de Vouvan. Le château festif n’est que celui qui précède les instants noirs, celui de La Coste précédant Seling en est un bel exemple. Ce sont des ombilics, des réceptacles d’angoisse ou de féerie. Ils sont là pour combien de temps encore, écroulés ou un peu restaurés. J’y pénètre dans l’attente d’une découverte, d’une étonnante rencontre qui ne se produit jamais. Celui de Larnagol possède un jardin secret dans lequel vous ne pourrez pas pénétrer, pour vous consoler je vous en montrerais quelques images agrémentées de la nymphe qui habite ses bassins... |