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ANGOLA
Je travaille depuis une année maintenant sur un projet intitulé ANGOLA. Ce projet se développe à partir d'une pratique vidéographique, mais je souhaite ne pas me borner au médium filmique et entamer un travail de recherche plus tentaculaire.
Avec ANGOLA, je cherche à ce que le travail vidéographique déborde ses propres limites (écran, projection) afin de construire une pratique qui conduira à mettre en jeu une véritable dramaturgie de l'espace en investissant le champ de l'installation.
Au départ il y a la lecture d'un livre, le troisième policier de Flann O'Brien. Je reconnais dans ce roman, un univers, des sensations en prise directe avec le travail entrepris sur le projet Global garden ou les jardiniers suspendus.
Rapidement je cherche, non à "adapter" ce livre, mais à travailler avec lui, autour de lui. Croiser les références; inventer comme une archéologie poétique et polémique du XXème siècle et du contemporain; tenter comme la reconstitution d'une encyclopédie implosée dont je ne retrouverais que des lambeaux impossibles à ordonner (il y aurait des extraits du journal de Joseph Goebbels, des témoignages de migrants subsahariens, des extraits d'articles géopolitiques, une transposition chorégraphique de "La montagne" de Balthus, des percées de la poésie parodique de Flann O'Brien et de Max Jacob...).
En convoquant ces matériaux hétérogènes, je m'emploie à dresser l'étrange et fluctuante topographie qui se joue dans Le troisième policier. Et du même coup à renvoyer un peu de la balle foisonnante et insaisissable que nous jette le monde.
Opérer par glissement et accumulation afin de s'approprier une pluralité d'échelles historiques ou géographiques et une diversité de valeurs esthétiques. Ainsi surgira un jeu de relations, jeu parfois grinçant ou cruel, parfois burlesque ou absurbe, un jeu qui tissera des rapports entre des textes, des corps, des paysages, des intensités, des vitesses.
Il y naîtra des figures, mais surtout des rapports de force entre ces figures qui, réglées par des logiques singulières, demeureront irréductibles à une quelconque dialectique. Grâce à leur coexistence et leur tissage d'un même plan, des textes hétérogènes, des postures dissonantes ou des événements à priori divergents mettront à mal leur hiérarchisation. Qu'est-ce qui dès lors s'y trame? Une colère, une comédie, une poétique protéiforme, un état des lieux, un symptome...?
Images de la vidéo "ANGOLA" - Interprètes : ANGOLA : Atsama Lafosse / ELLE : Virginie Thomas / LUI : Christophe Dréano
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