L’artiste présente ses derniers travaux, peintures et dessins, dont la plupart sont encore inédits. Ainsi une « matrice » de format impressionnant 2,69 X 10 m s’articule dans la grande salle avec un nouvel alphabet dessiné.
Si la peinture est pour Vincent Corpet, un langage originel, un langage sans mot, il aime à les peindre comme des motifs animés d’une graphie dynamique et ludique venant converser avec les formes engendrées par ses « Analogies ».
Pour l’artiste, l’œil est vecteur de mémoire. Les « Analogies », sont des projections mentales pures, « automatiques »
« Dans la pratique si l’on observe un enfant quand il regarde une image, tant qu’il n’a pas appris à lire, on voit qu’il reconnaît les objets même à l’envers. La tâche des adultes consiste d’ailleurs, lors de cet apprentissage de la lecture, à remettre les documents dans le bon sens…Le processus analogique est peut-être, autant que faire se peut l’oubli, la mise entre parenthèse de cet apprentissage. Je crois que ce processus est à l’œuvre dans la peinture depuis qu’elle existe. »
Au départ, rien que des choses très simples : un objet qui lui tombe sous la main peut devenir le prétexte et le début d’un grand rébus pictural, une sorte de cadavre exquis de formes et de couleurs entremêlées.
Il y a donc pour Corpet, une bonne part de jeu dans sa pratique quotidienne et jubilatoire de la peinture – « quand l’ennui gagne, tout est perdu » - mais l’artiste est cependant très sérieux dans son entreprise de représentation du monde : il entend exercer son art en toute liberté, avec les contraintes qu’il se choisit en termes de formats, de délais…En franc-tireur de l’art contemporain, il continue de peindre depuis toujours, toujours émerveillé et ébahi par la richesse des peintures pariétales léguées par nos ancêtres, dont l’exemple l’oblige à des prouesses gymnastiques dans son minuscule atelier parisien où il s’impose des parois escamotables à lire dans tous les sens et par tous les sens.
Ce qu'ils en disent
« Toutes ses histoires sont des histoires de l’oeil, ce qu’il surprend, ce qu’il fixe…La peinture de Corpet ne cherche pas à prendre le regard au piège de l’imitation, ni le spectateur au piège de l’expression ou de la démonstration. Bien plus courtoise, bien plus insidieuse, elle lui soumet des apparitions possibles ou impossibles. C’est à chacun de savoir qu’en faire. »
Philippe Dagen
« Elles « dessinent » ce que peut être le fonctionnement d’un cerveau humain…Penser le plus librement possible en dehors des dogmes. »
Richard Leydier
Art press
« Caricature, grotesque, peinture de grotte, autant d’allusions diversement déclinées dans la peinture de Vincent Corpet et de thèmes présents à son esprit lorsqu’il nous laisse entendre « grotesque » derrière « grostexte ». L’allusion claire à cette « peinture de grotte », premier sens historique de grotesque, est suffisamment inhabituelle pour être intrigante. Intrigante en effet, cette porte entrouverte sur des grottes secrètes et sur une autre face de l’artiste... »
Jean-Michel Geneste
dans « grostexte/grotesque », texte du catalogue de l’exposition
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