| |
Biographie
Myriam Méchita
 |
|
Les gardiens
2006 |
|
Démarche
"En me servant d'un étalon comme la perle par exemple, je peux construire une image qui contient son processus de création et le rend visible aussi. Le flux se matérialise.
Toutes mes pièces (en exceptant les sculptures en acier) rendent compte de cette fragmentation, de cet assemblage, point par point, pixel par pixel. Même si l’œil reconstitue l’image dans son essence, celle-ci ne peut jamais être un tout, une unité. Mes productions refusent la solidarité, l’harmonie, la fusion. (…)
Pas de hiérarchie, pas de distinction. Fra Angelico, la sculpture antique grecque ou le cubisme s’entrechoquent sans complexe. Et dans cette rencontre, je décèle toujours un questionnement sur le temps et son insaisissable fuite. (…)
L’embellissement, la beauté n’est pas le propos même du travail. Travaillées en surface, les paillettes constituent une nouvelle peau, écaillée et rugueuse ».
Cette manière de rendre visible chaque particule et, avec elle, chaque geste nécessaire à son articulation avec la suivante, accentue l’évidence des formes proposées et leur force brutale.
(…) La violence me semble indissociable de toutes productions. Amener au jour une œuvre est un acte de violence extrême. Et l’érotique de l’art vit de cette violence à nos espoirs. Alors représenter un corps mutilé, un crâne me semble être une violence édulcorée au regard de la réalité abominable de notre fin .»
Extraits d'un entretien avec Jean-Claude Guillaumon,
Directeur du Centre d'art de la ville de Saint-Fons
Ce qu’ils en disent…
Lumière lente
Il y a des enfants qui, systématiquement, démontent leur jouet pour en comprendre la mécanique interne, en percer le mystère, si mystère il y a. De quoi est-il donc fait que je ne puisse voir ?
Qu’importe si sa façon de procéder s’inscrit dans cette histoire, il me plaît de le croire tant il est clair que pour Myriam Mechita la connaissance passe par là : démonter, retrouver le noyau dur, l’élément premier à partir duquel tout s’est construit ou sur lequel tout repose. La première pierre ou la clef de voûte.
Si dans la peinture hollandaise l’accumulation d’objets à l’image vaut pour leur valeur d’usage, chez Myriam Mechita chaque pierre de l’édifice prend la valeur d’un objet en soi et vaut pour la circulation possible de l’une à l’autre, pour affirmer la mécanique et le travail qui fait exister la construction. Pas de magie, juste des changements d’échelle du détail à une vue d’ensemble et si magie il y a, c’est dans la perception et le désir d’illusion du regardeur qu’elle est sise.
Myriam Mechita opère une bascule entre le poids des techniques de réalisation, laissant tout le processus de fabrication préhensible et visible, et l’aspect irradiant qui se dégage de l’ensemble dans la façon dont chaque œuvre opère une fusion avec la lumière. La lumière devient un élément constitutif de l’œuvre. Là où tout n’est que morcellement et division, elle apporte un geste fluide, une variable aussi fugitive qu’un souffle. C’est-à-dire que ses oeuvres sont faites pour interagir avec la lumière dans la mesure où chaque unité qui les constitue est faite pour capter la lumière et la réfléchir. Miroitements, scintillements, reflets ou luminescence sont la raison d’être des perles, des paillettes, de l’aluminium coulé puis polimiroir ou de la peinture fluorescente.
L’éblouissement produit permet de passer du morcellement à la fusion, de l’assemblage et du collage au dessin. En effet, ses objets procèdent davantage de l’assemblage que de la sculpture et ses tapisseries ou surfaces peintes (...) procède davantage du collage que de la peinture.
La lumière devient le facteur d’homogénéité. Comme la peinture a besoin d’un liant pour obtenir le mélange du pigment, les oeuvres de Myriam Mechita ont besoin de la lumière pour ne faire qu’une. À travers ce passage du labeur à l’aura par la lumière le temps opère et chaque œuvre de Myriam Mechita, véritable travail de Pénélope, par son processus même évoque une fuite du temps, elle-même éprouvée par la finitude de l’objet présenté.
Sandra Cattini
Juillet 2005
Née en 1974, elle vit et travaille à Kertzfeld (Alsace) et à Paris |
EXPOSITIONS PERSONNELLES |
| 2006 |
|
"La suprématie du savoir ou le juste retour des choses", Maison de la Radio, Alger
"No histories", Galerie Paul Greenaway, Adelaïde, Australie
"Les lendemains espérés", Arbois, France
Galeria Arte Contemporanea Catania, Italie
|
| 2005 |
|
"L’œuvre levée ou la mesure du sens", Musée des Beaux Arts de Gray, France
"La mesure du sens ou l'exécution calibrée", Art contemporain – Nosbaum & Reding, Luxembourg
"La suprématie du savoir ou l'œuvre révélée", Open space, Art Cologne, Allemagne
"L'œil écoute", APSV- La Villette, vitrines station Saint-Germain-des-Prés, Paris
"Les décisions définitives ou la suprématie du savoir", Centre d'art de Saint-Cyprien, France
"La superforme ou le retour de la langue", Galerie Eric Dupont, Paris
|
| 2004 |
|
"Myriam Mechita", La Chaufferie, Strasbourg
"Pk Pas?" Galerie Eric Dupont, Paris
|
EXPOSITIONS COLLECTIVES |
| 2006 |
|
"Strangers in the night", La Friche de la Belle de Mai, Marseille
Liste 06 – The young artfair, Bâle, Suisse
|
| 2005 |
|
Art Forum, Berlin
"A Table", Domaine de Chamarande
FIAC Foire internationale d'art contemporain, Paris
Liste 05 – The young artfair, Bâle, Suisse
Festival "Plein les sens", hommage à John Cage, Mulhouse
Artbrussels, Bruxelles, Belgique
Art Rotterdam, Rotterdam, Pays-Bas
|
| 2004 |
|
"Scratching", TENT, Rotterdam
Itinéraires 2004, Stotzheim, Saint-Pierre, France
Huntenkunst, Foire d'art contemporain, Utrecht, Pays-Bas
FIAC Foire internationale d'art contemporain, Paris
|
| 2003 |
|
PPR, La Ménagerie de Verre, Paris
"Et toutes elles réinventent le monde", le 10neuf, CRAC Montbéliard
Premiers degrés, Centre d'art contemporain Les Abattoirs de Riom
|
BIBLIOGRAPHIE (SÉLECTION) |
| |
|
Armpit of the mole, recueil de dessins d’artistes, éditions Fundacio 30kms, Barcelone, 2005
Myriam Mechita , facsimilé d’un carnet de dessins, éditions La Chaufferie, Strasbourg, 2005
Les décisions définitives ou la suprématie du savoir , catalogue d’exposition, centre d’art de Saint-Cyprien, 2005
L’œuvre levée ou la mesure du sens, catalogue d’exposition, Musée des Beaux Arts de Gray, 2005
APSV-La Villette, édition d’une carte postale, 2005
|
|
|
|