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Ce qu'ils en disent...
Même s'il semble difficile d'éviter le constat d'une diversité de matériaux, de pratiques et d'approches, rien pourtant n'apparaît plus gouverné qu'une installation d'Emmanuelle Castellan. D'abord parce qu'elle s'inscrit fort intelligemment dans un espace, non pas en se jouant des obstacles et des contraintes mais en trouvant au contraire en eux, dans la qualité de leur résistance, une chance et une raison de contracter un pacte en vue de partager, de prolonger ou d'inventer. Ensuite parce qu'elle sait créer un entrelacs de significations et de relations qui nous donne à éprouver le mouvement à la fois souple et tranchant d'une écriture dans et pour l'espace.
Emmanuelle Castellan utilise des bâches transparentes, du papier journal, des draps, des sacs plastiques, du scoth et divers autres supports caractérisés par une certaine pauvreté.
Son travail de peinture s'élabore par contamination, circulation ou ponctuation, assemblage, accumulation ou feuilletage. La proposition ne se veut pas le déploiement d'une certitude mais plutôt le cheminement singulier et exigeant d'une aventure marquée par le caractère insistant de ses éléments enchevêtrés et complices. Emmanuelle Castellan intervient dans l'espace avec le désir de connaître et le besoin de cerner et d'éclaircir. Elle nous invite donc à une lecture, faite de chocs successifs, d'émotions redoublées et de surprises maîtrisées, qui nous engage dans un tissu de relations intenses. La vitalité de son installation vient d'une puissance de l'élémentaire capable de faire surgir et d'exister, de révéler et de produire mais églament d'une tendance à la trace, à la vibration, à la contexture mouvante et sensible. Ce qui se dégage ainsi partout, ce n'est pas seulement l'intensité d'une action, c'est tout autant, rendue visible, une parfaite conscience de s'inscrire, d'insérer tout en se tenant à ne convoquer que des passages et des tensions, des lumières et des transparences. Chez Emmanuelle Castellan, tout est essentiellement généreux, actif parce que tout naît non pas du désir de dominer mais de celui d'aller à la rencontre, de chercher contact. Sa pratique picturale prend forme et résonance dans l'expérience profonde et sans cesse renouvelée d'une confrontation vivante avec l'espace.
Didier Arnaudet
Première 99 : "Environnement"
L'art d'Emmanuelle Castellan développe une relation ténue à l'espace qui trouve sa forme dans une pratique picturale décloisonnée. Qu'elles adoptent le cadre classique du tableau, qu'elles apparaissent directement à même le mur ou qu'elles se déploient en trois dimensions dans les maquettes ou installations, ses oeuvres sont des zones transitoires qui contaminent l'espace. A partir de photographies qu'elle trouve dans les journaux ou qu'elle produit elle-même, l'artiste tente l'exercice de la disparition et de la réapparition de l'image dans la peinture. Elle fait de l'expérience une règle de travail, ses pièces mettent au jour les principes actifs de la persistance de l'image dans le lieu et dans le temps.
Guillaume Mansard
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